Pourquoi Vos Règles Sont Votre Plus Grande Force

 
~Photo by Gonce Ahmet~

~Photo by Gonce Ahmet~

 

Récemment, je me suis rendue compte que j'avais beaucoup à gagner à me pencher sur mon cycle menstruel. Remarquez votre réaction à cette première phrase. Vous êtes-vous sentie un peu mal à l'aise? Ou vraiment genée? Ou tout simplement perplexe quant aux raisons pour lesquelles l’on  voudrait s'intéresser à ça!?

Dans une société qui nous encourage à cacher notre cycle, à en ressentir de la honte et de la gêne,il n’ est pas surprenant que beaucoup d’ entre nous ne soient pas convaincues de l'utilité de l’observer et d’y puiser une réelle sagesse.

Nous sommes censées l’organiser, le contrôler et même l’arrêter avec des pilules et des piqûres. Nous devons acheter des protections périodiques qui nous incitent à penser que le meilleur produit sur le marché est celui qui nous permet de continuer à vivre normalement. Et quand notre corps nous signale qu’il souffre nous prenons un antidouleur et faisons comme si tout allait bien.

Quand j’avais une vingtaine d’années, j'étais à l'université de danse à temps plein et je ne me suis pas accordée de pause pendant mes règles. Tous les jours, je m'efforçais de m'entraîner avec exactement le même entrain et la même motivation.

Je ne réalisais pas que le premier jour de mes règles, les pirouettes devant tout le monde allaient être un peu plus difficiles que pendant la partie ovulatoire de mon cycle, par exemple. Au lieu de cela, j'étais en colère envers moi même, je me forçais et je finissais la journée épuisée et frustrée. Et pourquoi établir un tel lien?

On ne m'avait rien appris sur mon cycle à part le syndrome prémenstruel, les tampons et une furieuse envie de chocolat.

En étudiant le yoga, les travaux de Judith Hanson Lasater, d'Alexandra Pope, d'Uma Dinsmore-Tuli et d'Elena Brower m’ont permis de commencer à comprendre que grandir en tant que femme sans tenir compte de son cycle c'était comme être un arbre qui essaie de pousser sans soleil.

La première fois que je suis tombée sur un cours de yoga avec Elena Brower, spécialement conçu pour les femmes ayant leurs règles, j'ai littéralement pleuré. Mon corps a pleuré des larmes de joie et de soulagement d'être enfin reconnu.

J'avais environ 28 ans. Jusqu'à ce moment-là, je n'avais jamais rien vécu qui non seulement me permettait d’aborder cet aspect fondamental de la vie de femme, mais avait de plus été conçu comme une aide et un moyen de le célébrer. Ce jour-là, j'ai quitté mon tapis de yoga avec un sentiment de compréhension, de connexion avec moi-même, mon corps et mon esprit apaisés comme jamais auparavant.

Depuis ce premier cours, j’ai découvert que le yoga pouvait nous aider pendant les différentes phases de notre cycle.

Pour que le yoga nous aide pendant notre cycle, nous devons d’abord le connaître, par exemple grâce à une app comme Kindara, ma préférée. Pour la première fois de ma vie, je sais dans quelle partie du cycle je me trouve chaque mois et je peux maintenant prendre des décisions dans ma vie quotidienne, en conséquences.

La comparaison par Alexander Pope de chaque partie du cycle avec une saison est un moyen très utile pour comprendre le parcours mensuel des femmes.


La pré-ovulation, c’est le printemps. Après le calme des règles, nous commençons à voir notre énergie et notre désir de se reconnecter aux autres, revenir et augmenter. Nous sommes à nouveau optimistes, concentrées et motivées. La vie reprend son cours!

L'ovulation, c’est l'été. C'est une période de grande énergie, de productivité où l’on se sent belle et en capacité de donner. Notre énergie est naturellement orientée vers l'extérieur et nous pouvons facilement être à l'écoute des autres.

Vient ensuite l’automne, où nous sommes en cycle prémenstruel, où nous sommes plus introverties et ralenties. Ce passage de l’été à l’automne peut être délicat si nous n’en avons pas conscience. Nous pouvons nous faire violence pour être plus efficaces, au lieu de prendre soin de nous-même et de se donner ce dont nous avons vraiment besoin; une bonne nourriture, du sommeil, du temps seules et le minimum de stimulations.

Tout comme l’hiver, c’est une période d’hibernation, de retrait et de repos. C'est aussi une période de repli sur soi, de silence et de calme. C’est peut-être un moment d’intuition et de réflexion accrues, ou un moment de frustration et de lutte si nous ne reconnaissons pas que c’est l’hiver et que nous continuons à faire comme si nous étions en plein été!

Lorsque nous suivons notre cycle et que nous apprenons à nous connaître à chaque saison, nous pouvons alors commencer à comprendre comment le yoga peut nous aider pendant notre cycle, ou comment il peut complètement le perturber s'il n'est pas pratiqué avec conscience. Mais ce sera un tout autre article (le prochain d’ailleurs!